Première journée africaine ESEC (https://systemesesec.ca/nouvelles-et-activites/premiere-journee-africaine-esec)

Lors de la quatrième Conférence des ministres africains responsables de l’état  civil (http://apai-crvs.org/fr/CR4) tenue en décembre 2017 en Mauritanie, la décision a été prise de déclarer le 10 août la  Journée africaine ESEC. Cette initiative a été approuvée par le Comité exécutif de l'Union africaine et est célébrée pour la première fois aujourd'hui le 10 aout 2018 sur le continent sous le thème, "Promouvoir des systèmes d'enregistrement et des statistiques de l'état civil universels pour une meilleure gouvernance et une vie meilleure." L’initiative souligne l'importance d'investir dans des systèmes ESEC  universels pour combler le fossé d'invisibilité du continent et veiller à ce que tous les Africains aient des documents d'identité essentiels garantissant leur protection; et qui peuvent faciliter l'accès au système de protection sociale et assurer qu'ils exercent leurs droits et obligations en tant que citoyens.

L’enregistrement continu, permanent, obligatoire et universel des faits d’état civil (naissances vivantes, décès, morts fœtales, mariages et divorces) et de leurs caractéristiques,  et d’autres événements de l’état civil, est essentiel pour protéger les droits fondamentaux de l’homme et faciliter l'inclusion sociale. Il permet aux individus de  prouver leur âge, leur identité et leurs relations familiales. À leur tour, les documents d’identité facilitent l’accès aux services publics de base, tels que la santé et l’éducation, l’exercice des droits économiques et politiques, tels que l’ouverture d’un compte bancaire et le droit de vote, et la réclamation des droits de pension en matière de succession lors du décès du conjoint ou du partenaire, et des prestations d'assurance.

De plus, des systèmes ESEC durables facilitent la bonne gouvernance. Ils génèrent des données essentielles pour la planification des politiques publiques, notamment la prestation de services, lise en œuvre de programmes et politiques visant à réduire les maladies et les décès. Les pays dotés de systèmes ESEC solides ont généralement de meilleurs résultats en matière de santé de la population (https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(15)60172-6/fulltext). Les systèmes ESEC sont également essentiels pour suivre les progrès accomplis dans la réalisation  d’objectifs de développement durable (ODD) –  les données nécessaires pour suivre 12 des 17 ODD (http://documents.banquemondiale.org/curated/fr/979321495190619598/Civil-registration-and-vital-statistics-CRVS-for-monitoring-the-Sustainable-development-goals-SDGS) et 67 indicateurs dépendent de systèmes ESEC solides.

Bien que des progrès importants aient été réalisés dans le renforcement des systèmes ESEC en Afrique, il reste toujours des défis majeurs auxquels le continent fait face. Sur le milliard de personnes dans le monde sans preuve d’identité juridique, 81% vivent en Afrique subsaharienne et en Asie du Sud (https://blogs.worldbank.org/voices/fr/defi-mondial-de-l-identification-qui-sont-les-1-milliard-de-personnes-sans-titre-d-identite), et la naissance de 95 millions d’enfants d’Afrique subsaharienne (https://data.unicef.org/wp-content/uploads/2018/01/Civil-Registration-French-Final.pdf) n’a jamais été enregistrée. Dans au moins 10 pays d’Afrique subsaharienne (https://data.unicef.org/wp-content/uploads/2018/01/Civil-Registration-French-Final.pdf), il n’y a aucune obligation légale d’enregistrer un mariage, et 7 autres pays où le mariage avant l’âge de 18 ans et légal, ce qui signifie qu’il n’existe aucune protection légale pour les enfants qui sont forcés de se marier avant l’âge de 18 ans. En outre, seuls cinq pays d’Afrique sub-Saharienne (https://unstats.un.org/unsd/demographic-social/crvs/index.cshtml) enregistrent au moins 85% des décès (Afrique du Sud, Seychelles, Maurice, Réunion, et Saint Helena). Sans l’enregistrement des décès, ceux qui sont morts sont, par défaut, encore vivants aux yeux de la loi, augmentant artificiellement la population d'un pays et affectant la gouvernance.

Par conséquent, des centaines de millions d’enfants, d’hommes et de femmes africains sont invisibles aux yeux de la loi et des gouvernements, avec des implications considérables. Au niveau individuel, sans preuve d’âge ni d’identité, ils ne peuvent  exercer pleinement leurs droits et sont souvent exclus de la participation économique, sociale, civile et politique. Au niveau de la gouvernance, sans enregistrement civil complet et informations exactes sur le nombre d’enfants, d’adultes, d’hommes et de femmes, les décideurs politiques n’ont pas l’information continue et universelle dont ils ont besoin pour planifier efficacement la prestation de services. En d'autres termes, les progrès vers les objectifs et les cibles de développement ne peuvent être planifiés ou mesurés efficacement.

Dans ce contexte, il est important que la communauté internationale se réunisse et s'associe aux parties prenantes du continent pour soutenir les efforts en cours visant à renforcer les systèmes CRVS de l'Afrique. Les domaines d'action prioritaires comprennent, par exemple:

  • Souligner l’importance des systèmes ESEC pour la croissance et le développement de l’Afrique;
  • Soutenir les engagements du pays dans les plates-formes régionales sur le renforcement des systèmes ESEC, tels que la Conférence des ministres africains responsables de l'enregistrement civil;
  • Accroître la coordination et le soutien des parties prenantes dans les pays pour minimiser la duplication des efforts et maximiser les ressources; et
  • Soutenir d'initiatives nationales dirigées par les pays pour renforcer les systèmes ESEC.

Pour un développement inclusif et durable, nous avons besoin de systèmes ESEC solides. Avec une forte volonté politique soutenue, un soutien administratif et financier et la conception axée sur la personne pour améliorer la demande, il est possible de réaliser des progrès importants en améliorant l’enregistrement des événements vitaux. Le Centre d'excellence est fier de s'associer à et de soutenir la Commission économique des Nations Unies pour l'Afrique, ainsi que plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest, dans leurs efforts pour renforcer les systèmes ESEC. Au nom de l'invisible de l'Afrique – enfants, hommes, femmes, jeunes et vieux – nous devons tous faire mieux et beaucoup plus pour faire avancer les systèmes ESEC sur le continent.

Pour plus d'informations, veuillez consulter l'avis aux médias (https://systemesesec.ca/sites/default/files/inline-files/Media%2520advisory%2520CRVS%2520day%2520jul13_0.pdf) de la journée Africaine ESEC.


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